Synthèse de la rencontre sur l’avenir de la sécu du 26 février 2021

27 personnes ont participé jeudi soir à la rencontre sur l’avenir de la Sécu organisée par la coordination « Plus Jamais Ça Loire ».
Étaient présent.es des membres et représentant.es d’organisations syndicales, CGT, FSU, Solidaires, Confédération Paysanne, d’associations, ATTAC, Réseau Salariat, Alternatiba, CTC… et des personnes participant à titre personnel

Le détail des interventions est accessible ici sur le site

Plusieurs axes sont apparus pouvant donner envie de travailler ensemble pour aboutir à des contributions innovantes :

1/ Alliant la volonté émancipatrice fondatrice de la Sécu, les réflexions déjà formées et actualisées dans plusieurs organisations, et la prise en compte des impératifs écologiques et sociaux du « monde d’après », Fanny Vincent, animatrice de la séance, a formulé ainsi l’esprit de reconquête qui a caractérisé cette première rencontre : « repenser comme des « communs » ce qu’ont été et que devront être demain les « services publics » des ressources de base d’une vie digne », et mettre au cœur de nos propositions les notions de « démocratie sociale », de « planification », de « travail éducatif et culturel »…

2/ Partageant cet esprit et ces valeurs, sont ressorties plusieurs revendications faisant unité entre les syndicats : l’accès à la santé pour toutes et tous, l’universalité des droits, le 100 % sécu (ou sécurité intégrale), voire même le statut permanent du salarié, la réappropriation démocratique de la gestion de l’ensemble du système, la sauvegarde de l’hôpital public face aux restrictions de moyens et aux volontés de privatisation, le re-développement des services de soins, la couverture de la perte d’autonomie, ainsi que la création des nombreux postes indispensables pour redonner force au système aujourd’hui malmené… Certaines idées pourraient être particulièrement investies localement, telles que le développement de « centres de santé pluridisciplinaires de proximité » ou la défense du droit à la santé pour les personnes migrantes sans papier dont l’accès aux soins gratuits est menacé.

3/ Aux volontés de reconquête de la Sécu concernant la santé, se sont ajoutés d’autres perspectives à approfondir collectivement, avec :

> le projet collectif de Sécurité Sociale de l’alimentation, porté par une dizaine d’organisations, qui s’appuie explicitement sur les mêmes principes que ceux de la sécurité sociale telle qu’elle a été mise en œuvre en 1945. Ce projet, défendant l’instauration d’un droit universel à une base d’alimentation de qualité pour toutes et tous, associé au développement d’une agriculture paysanne et biologique conventionnée sur tous les territoires, en gestion démocratique par et pour les gens, autonome par rapport à l’État, et hors logique marchande capitaliste, est un projet qui prolonge clairement celui voulu par le Conseil National de la Résistance.

> le projet d’une sécurité sociale énergétique, porté par le collectif national « service public de l’’énergie » sur la création d’un véritable pôle public englobe aussi cette perspective. La question de son élargissement à la fois national et local est en cours…

> Le projet d’une sécurité sociale du logement n’a pas été exposée mais pourrait prendre place dans ce système de sécurité sociale et environnementale élargi. Même chose en ce qui concerne l’accueil des migrants ou l’accès aux transports…

Cet éventuel élargissement du système de sécurité sociale à l’ensemble des droits et besoins essentiels à toutes et tous, alliant les impératifs sociaux et écologiques, semble ainsi définir un possible fil conducteur commun entre les réflexions, les revendications, les initiatives et les luttes des différentes organisations et groupes citoyens concernés.

Un tel élargissement renvoie à deux questions incontournables :

  1. Celle des moyens de financement à développer pour pouvoir organiser ce système de sécurité sociale élargi dans le respect du cadre et de l’esprit de la Sécu de 1945.
  2. Celle du mode de gouvernance à mettre en œuvre pour garantir une gestion démocratique du système par les assuré.es sociaux de manière autonome par rapport à l’État, du local au national.

Plusieurs moyens pour poursuivre les échanges et travaux sont proposés :

La multiplication des champs à couvrir par ce système de sécurité sociale élargi renvoie à deux questions incontournables :

  1. elle des moyens de financement à développer pour pouvoir organiser ce système de sécurité sociale élargi dans le respect du cadre et de l’esprit de la Sécu de 1945.
  2. Celle du mode de gouvernance à mettre en œuvre pour garantir une gestion démocratique du système par les assuré.es sociaux de manière autonome par rapport à l’État, du local au national.

Deux nouvelles rencontres sont donc envisagées, l’une sur le financement et l’autre sur le modèle démocratique. Ces rencontres seront organisées par le groupe d’animation avec le souhait d’y accueillir de nouvelles personnes amenant leurs motivations et garantissant une plus grande pluralité des organisations impliquées.

D’autres actions collectives locales s’organisent, rejoignant les perspectives présentées durant la soirée, et peuvent prendre place dans la dynamique « Plus Jamais Ça », à savoir :

  1. L’organisation du printemps de l’agriculture paysanne, incluant la venue de Jean Claude Balbot le 28 avril prochain sur le thème « Pour une démocratie alimentaire. De l’aide alimentaire à une sécurité sociale de l’alimentation ».
  2. Un collectif à élargir visant le re-développement du service de santé et la défense du service public hospitalier
  3. La perspective d’allier la défense du droit aux soins gratuits pour les personnes sans papier et le collectif « Pour que personne ne dorme à la rue »

La coordination « Plus Jamais Ça » Loire propose de s’en faire le relai et de favoriser le développement d’une dynamique commune autour de ces thèmes. L’implication de personnes investies dans ces initiatives au sein du groupe d’animation de PJC42 serait le meilleur moyen pour que cette convergence souhaitée s’inscrive dans la réalité.

Auteur : Vincent Bony

Militant non-violent et écologiste depuis 40 ans, initiateur et gérant pendant 10 ans d'une épicerie boulangerie bio en coopérative et gestion collective sur Firminy, j'ai été principalement engagé ces dernières années dans le développement d'alternatives locales, dont la monnaie locale sur le secteur de Saint-Étienne dans la Loire. A l'occasion de la mobilisation contre les Traités de Libre échange TAFTA, CETA, TISA, j'ai pris conscience de l'ampleur de la domination des puissances économiques et financières sur l'ensemble des institutions à l'échelle de la planète. Pour tenter de faire face à l'ampleur grandissante des défis écologiques et sociaux, la question de l'élaboration d'une alternative globale m'est apparue depuis de plus en plus centrale. Aujourd'hui engagé dans les actions non-violentes menées avec Alternatiba ANV COP21, je suis convaincu de la nécessité de construire des convergences fortes visant la mise en œuvre d'un projet de mutation écologique radicale, nécessairement liée à une transformation profonde du système économique, financier et politique qui mène l'humanité à sa perte...

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